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EDITO

19/10/2018259Views

Déjà 10 ans ! Et la Fabrique de l’info ne cesse de s’affirmer. Plus de 215 enquêtes publiées et près de 350 apprenti.e.s journalistes pour les réaliser. Un héritage important qui permet de comprendre la nécessité d’opérer ce travail de critique du journalisme. Faire découvrir les coulisses de l’information, c’est une manière d’informer sur celles et ceux qui la façonnent. Un enjeu de taille face à la défiance actuelle des publics envers les médias. La Fabrique de l’info se pose comme un moyen d’opérer une autocritique sur notre pratique. Une manière de se vacciner des écueils et de se préserver des maux du journalisme. Un antidote contre les obstacles auxquels il fait face. Sortir de sa zone de confort, lutter contre les infox, éviter les pièges de la communication, abandonner la course à l’audimat et ne pas céder à l’emballement médiatique… autant d’injonctions pour envisager un journalisme autrement.

Un ultimatum ? Pourquoi nous a-t-on proposé une telle colle ? En tant que futur.e.s journalistes, nous n’avons pas fini d’apprendre les rudiments et les bases du métier. Nous nous sommes lancés dans près d’une vingtaine d’enquêtes pour comprendre comment cette profession peut se penser, se pratiquer et se présenter différemment. Une plongée dans le décloisonnement de ce métier. Au terme de ces deux semaines, une évidence s’est imposée à nous. Un retour aux fondamentaux est inéluctable et bénéfique.

Changer notre rapport aux sources, se rapprocher des lecteurs, des spectateurs, des auditeurs. Un journalisme définitivement tourné vers le public pour améliorer la confiance envers la profession. Tourné vers les gens, pour éviter que ces derniers ne pensent que le journaliste ment, que l’autre-ment.

Se (re)définir, se positionner, se rapprocher et se métamorphoser. Autant d’angles pour vous faire découvrir des nouveaux territoires du journalisme et de l’information.

Depuis 10 ans, La Fabrique de l’info n’est autre qu’un révélateur pour les élèves qui y ont contribué. C’est aussi une preuve de la volonté des écoles de journalisme de ne pas laisser sortir leurs ouailles sans les armer d’un esprit autocritique garant de la quintessence du journalisme.

Un acte fondateur dans notre parcours !

Clément BILLARDELLO et Florian CHAABAN